La téléexpertise s’impose aujourd’hui comme un outil incontournable dans votre pratique de sage-femme. Grâce à cet acte de télémédecine, vous pouvez solliciter rapidement l’avis d’un spécialiste via une messagerie ou une plateforme sécurisée, sans que votre patiente ne se déplace.
La téléexpertise permet ainsi de sécuriser vos décisions cliniques, de renforcer la coordination entre professionnels de santé et d’améliorer la continuité du parcours de soins. Elle valorise également votre temps médical grâce à une cotation dédiée et clairement encadrée. Mais entre les conditions d’éligibilité, les règles de traçabilité, les codes de facturation et les limites à respecter, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Dans cet article, nous vous guidons pas à pas pour utiliser la téléexpertise sereinement : dans quels cas l’utiliser, comment la réaliser, qui peut intervenir, quelles sont les règles de facturation, le tout illustré par des exemples concrets pour bien maîtriser la cotation.
La téléexpertise est un acte de télémédecine qui permet à un professionnel de santé, dit « médecin requérant » de solliciter à distance l’avis d’un autre expert médical, dit « médecin requis » via un outil sécurisé.
Contrairement à la téléconsultation qui implique un échange direct avec le patient en visioconférence, la téléexpertise concerne exclusivement l’échange entre professionnels de santé.
L’objectif est simple : obtenir un avis spécialisé (diagnostic, interprétation d’examens, stratégie thérapeutique) rapidement, sans déplacement de la patiente, tout en maintenant un haut niveau de qualité, de confidentialité et de sécurité.
La téléexpertise s’intègre parfaitement dans votre quotidien de sage-femme et vous offre de nombreux bénéfices :
La téléexpertise apporte aussi plusieurs avantages aux médecins généralistes et paramédicaux (infirmiers, kinés, …) que vous sollicitez ou qui vous sollicitent :
La téléexpertise peut être réalisée par tout médecin, que ce soit en tant que :
Une sage-femme peut également être requise dans certains cas, notamment pour un avis concernant un monitoring fœtal, l’allaitement, la contraception, un post-partum, …, selon les conventions régionales.
Que vous exerciez en cabinet, en libéral, en hôpital ou en structure médico-sociale, la téléexpertise peut être réalisée dans toutes les situations où un avis spécialisé à distance améliore la prise en charge, par exemple pour :
L’objectif : sécuriser, accélérer et améliorer la décision clinique sans multiplier les consultations physiques inutiles.
Pour qu’une téléexpertise soit autorisée, plusieurs conditions doivent être réunies :
Depuis le 1er avril 2022 et l’entrée en vigueur de l’Avenant 9, la cotation a été simplifiée avec un seul niveau :
Remarque : Les montants et conditions peuvent évoluer selon les mises à jour de la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Pensez à vérifier régulièrement les publications officielles (Ameli)
La téléexpertise est encadrée par la NGAP, la réglementation en télésanté, ainsi que les recommandations de la HAS. Voici les points essentiels à connaître :
Voici les étapes pour une facturation conforme si vous intervenez en libéral :
Lorsque vous réalisez une téléexpertise en EHPAD, en clinique ou à l’hôpital, la facturation dépend du cadre dans lequel vous intervenez. C’est ce qui détermine si vous pouvez facturer l’acte vous-même ou si celui-ci est intégré dans un forfait établissement.
Cas 1 : Vous intervenez en libéral → facturation classique
Si vous êtes appelée en établissement dans le cadre de votre activité libérale, vous facturez la téléexpertise exactement comme en cabinet :
La FSE est alors transmise via SESAM-Vitale, comme pour tout acte libéral.
Cas 2 : L’acte relève du forfait établissement → pas de facturation individuelle
Certains établissements (hôpitaux, cliniques, EHPAD) perçoivent un forfait de téléexpertise, couvrant la coordination interne, l’organisation, l’archivage et les outils techniques. Dans ce cas, aucune cotation individuelle n’est autorisée.
Avant tout acte, rapprochez-vous du service facturation de l’établissement et vérifiez les sources officielles telles que OMNIPrat ou le guide ministériel de la télémédecine
Les infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes et autres paramédicaux peuvent également recourir à la téléexpertise et vous solliciter ou répondre à votre demande, dans le respect des compétences de chacun.
Les règles restent identiques (consentement du patient, messagerie sécurisée, traçabilité dans les dossiers), mais il y a une différence en termes de facturation :
Vous l’aurez compris, dans le cadre de la cotation en téléexpertise, la sécurité des données de santé est non négociable. C’est pourquoi vous devez privilégier une messagerie sécurisée ou une plateforme de téléexpertise.
Les principaux critères pour choisir l’outil adapté à vos besoins :
Utiliser une solution de téléexpertise pensée pour les sages-femmes comme Weda vous permet ainsi d’assurer la continuité des soins, même à distance, de réduire les erreurs de facturation et ainsi, de gagner du temps. Et grâce à sa connexion native avec Omnicom, la plateforme Weda vous permet de collaborer facilement avec tous les professionnels, même s’ils utilisent une autre solution de téléexpertise, pour une collaboration fluide et sécurisée.
Lors d’un suivi de grossesse, vous remarquez une anomalie sur la courbe de croissance fœtale. Vous expliquez à votre patiente que vous souhaitez demander un avis obstétrical à distance et vous recueillez son consentement. Vous rassemblez les éléments utiles (compte rendu, échographies, antécédents, …) et les transmettez à l’expert via votre messagerie sécurisée de santé.
Quand vous recevez la réponse, vous l’intégrez au dossier de votre patiente. Il ne vous reste plus qu’à facturer l’acte sous le code RQD, rémunéré 10 €, via votre FSE transmise par SESAM-Vitale.
Un confrère ou une consœur vous sollicite pour un avis concernant une complication post-natale. Après réception des éléments via votre plateforme de téléexpertise, vous analysez la situation, puis rédigez votre compte rendu. Vous l’ajoutez au dossier de votre patiente et le renvoyez au professionnel requérant.
Enfin, vous facturez votre intervention en utilisant le code TE2, rémunéré 20 € (23€ à compter du 1er janvier 2026), sur votre FSE à transmettre via SESAM sans Vitale.
Lors d’une intervention en EHPAD, vous avez besoin de solliciter un avis gynécologique pour une résidente. Dans ce contexte, la possibilité de facturer dépend du mode d’exercice :
Il est donc essentiel de vérifier la modalité applicable avant de coter la téléexpertise. Pour vous aider, vous pouvez vous référer à OMNIPrat et au guide de bonnes pratiques téléexpertise du Ministère.
La téléconsultation implique un échange direct avec la patiente (visioconférence ou audio) pour évaluer, diagnostiquer ou suivre une situation médicale.
Quant à la téléexpertise, c’est un échange entre professionnels de santé pour obtenir un avis spécialisé, sans présence de la patiente, via une messagerie sécurisée de santé ou une solution de télémédecine.
Le médecin requérant envoie une demande structurée et sécurisée à un expert, qui analyse les éléments et rend un avis écrit, daté et motivé. L’ensemble est archivé dans le dossier patient et peut être coté selon la réglementation.
Oui, la téléexpertise est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie (AMO), sans avance de frais pour la patiente lorsque les conditions de prise en charge sont respectées.
L’acte codé RQD par le professionnel requérant, celui qui sollicite l’avis, est rémunéré 10€ et l’acte codé TE2 par le professionnel requis, celui qui donne l’avis, est rémunéré 20€ (revalorisé à 23€ à compter du 1er janvier 2026).

